« Où la lampe passe le mineur doit passer »

La sculpture d’Antonio Nocera, conçue en 2006 à l’occasion du 50e anniversaire de la catastrophe, résume à elle seule la portée et les conséquences humaines du Protocole d’accord signé entre la Belgique et l’Italie en 1946. Œuvre puissante dont le titre, Où la lampe passe, le mineur doit passer, claque comme une sentence. Elle représente non seulement le travail de la mine et ses dangers avec cette crevasse plongeant en son sein, mais aussi cette déchirure qu’est l’émigration, symbolisée par un vol d’hirondelles. Au sommet de la sphère, figurant à la fois cette terre nourricière mais aussi infanticide, de petites maisons se font face : les corons synonymes de déracinement et, tel un leitmotiv, la petite chaumière au pied d’un arbre attendant le retour tant espéré au pays.
Cette sculpture monumentale, communément rebaptisée Le ventre de la terre, est une initiative de l’INCA-CGIL. Créé en 1945 par la CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro), le Patronato INCA (Istituto Nazionale Confederale di Assistenza) exerce des activités d’assistance, de protection et de défense des travailleurs italiens. C’est ainsi qu’après la catastrophe du Bois du Cazier, il aida les familles des victimes en envoyant sur place des avocats chargés de les représenter au procès. Rappelant cette solidarité indéfectible dans le temps, les noms des pays et des régions italiennes, où les représentations locales de l’INCA ont contribué à la réalisation de l’œuvre, sont gravés dans la pierre bleue des dalles du chemin conduisant jusqu’à elle.

Informations complémentaires

Artiste

Antonio NOCEA (°Caivano [I], 1949)

Date

2006

Technique, matériaux, dimensions et poids

bronze patiné (cire perdue), Ø 200 cm

Fonderie

Fonderie Venturi à Bologne (I)

Inscriptions et signature

titre, date et signature sur la base

Acquisition

don Patronato INCA-CGIL

Lieu d'exposition

sur le carreau, face à l'Espace 8 août 1956.