Ventilateur centrifuge de type « Guibal »

En 1836, le Gouverneur Jean-Baptiste Thorn convainc le Conseil provincial du Hainaut de la nécessité de mettre sur pied une formation d’ingénieurs capables de répondre aux besoins d’une industrie lourde en plein essor. Il est alors décidé de créer à Mons une « Ecole Provinciale des Mines du Hainaut », prenant pour exemple l’Ecole Centrale de Paris car aucune institution de ce type n’existait alors en Belgique. Ce sont deux jeunes et brillants ingénieurs sortant de Paris, un Français et un Belge, Théophile Guibal et Barthélémi-Adolphe Devillez, qui sont choisis pour en assurer la direction et organiser le programme des études.
Théophile Guibal, spécialisé dans l’exploitation des mines, s’intéresse surtout à la problématique de la ventilation. Il est le père des ventilateurs centrifuges qui, favorisant l’aération des galeries, permettaient d’évacuer des galeries et des chantiers le grisou et le gaz carbonique. En 1877, soit 19 ans à peine après le premier brevet déposé par Guibal, 355 ventilateurs de sa conception étaient en service dans le monde, dont 85 en Belgique et 270 à l’étranger. L’Angleterre à elle seule en avait installé 180.
Les ventilateurs Guibal, de par leur simplicité et leur sécurité de marche, rendirent de très grands services et fonctionnèrent pendant de nombreuses années avec la plus grande régularité.
Le ventilateur Guibal était essentiellement constitué par une roue à palettes en bois (entre 6 et 10), généralement de grand diamètre (parfois 12 m), enfermée sur presque toute sa circonférence dans une structure circulaire en briques ne laissant entrer l’air que par une seule ouverture, réglée par une vanne également en bois, commandant la liaison avec le puits de retour d’air. Actionné par une machine à vapeur, le ventilateur tournait à une vitesse relativement faible (environ 65 tours/min). L’air venant du fond entrait dans l’ouïe d’aspiration par effet de la force centrifuge et était évacué par une cheminée verticale évasée de 7 à 9 m de hauteur.
Si plusieurs centaines d’exploitations minières furent à une époque équipés de ventilateur Guibal, il est exceptionnel aujourd’hui de pouvoir encore en admirer. A notre connaissance, avec celui présenté au Bois du Cazier, seul un autre ventilateur de ce type a été préservé de par le monde. Il se trouve en Pologne, dans le parc du patrimoine technique de la mine « Reine Luiza » à Zabrze en Silésie.

Informations complémentaires

Inventeur

Théophile Guibal (Toulouse [F] 1814 – Morlanwelz, 1888)

Matériaux et dimensions

métal, fonte et bois

Origine

Siège Sainte-Eugénie de la SA des Charbonnages de Tamines

Acquisition

don Bureau Economique de la Province de Namur

Démontage - Remontage

sprl Robert-Charles

Lieu d'exposition

Forum