La dynamique du don

De par l’histoire particulière du site, les collections du Bois du Cazier ont un rapport singulier avec le visiteur. En effet, celles-ci sont constamment appropriées et enrichies de manière interactive par le public. Qui n’a pas eu un parent, un ami, un voisin travaillant à la mine ? Qui n’a pas gardé une trace émouvante de la catastrophe ou, plus navrant et touchant, est le descendant d’une des victimes ? Dans les deux cas, des souvenirs personnels et familiaux, tant matériels qu’immatériels, nous sont confiés en hommage.

Le plus bel exemple de cette fusion entre objectifs scientifiques et humains a certainement été donné par la mise sur pied de l’exposition « Marcinelle 1956-2006. Au cœur du Cazier », dans le cadre du 50e anniversaire de la tragédie. Touchés par cette réalisation, ainsi que par le mémorial situé aux pieds des chevalements, nombreuses ont été les familles qui, par un objet, une photographie… ont apporté leur pierre à l’édifice de la mémoire collective, consacrant ainsi le passage de témoin entre générations par le partage de l’information dont elles étaient dépositaires.

Si le don, sacralisant l’objet ou le document offert, constitue une forme d’appropriation de l’institution muséale pour le donateur, il représente aussi un don de soi. Démarche qui, dès lors, peut aussi consister en un don immatériel comme celui de son temps, de son savoir, de son expérience et ce, au service de la transmission d’une mémoire.