EXPOSITION – La Mine fait son cinéma

Du 21/06/2026 au 08/11/2026

Sujet principal ou cadre d’une histoire, la mine a, dès les premiers tours de manivelle, profondément marqué le monde du cinéma. Sur tous les continents et dans tous les genres, des réalisateurs s’en inspirent pour leurs scénarios. Que ce soit par la fiction, le documentaire, le film d’animation ou le film d’entreprise, ceux qui chaque jour affrontent le danger pour extraire le charbon ont ainsi été placés sous les feux des projecteurs.

Conçue à l’origine par le Centre Historique Minier de Lewarde dans le Nord de la France, et adaptée par le Bois du Cazier, l’exposition La mine fait son cinéma commémore, par l’entremise du 7e art, les septante ans de la tragédie du 8 août 1956. Le public s’apercevra en effet, à travers la sélection proposée, que rares sont les films dont le scénario n’intègre pas un accident ou une catastrophe, tant les cinéastes prirent rapidement conscience de la dangerosité du métier de mineur mais aussi du côté « attractif » du caractère impitoyable de cet univers. Le tout souvent pimenté d’une histoire d’amour qui, accentuant le pathos, faisait pleurer dans les corons.

Renforçant l’ancrage local de la manifestation, certains de ces films – et non des moindres – ont été réalisés dans le bassin de Charleroi dont l’un des tous premiers, Au Pays des ténèbres, réalisé par Victorin-Hippolyte Jasset en 1911, année de la tenue dans la capitale du Pays Noir d’une Exposion Internationale, Industrielle et Commerciale. C’est ainsi qu’un an avant Albert Capellani, et son Germinal resté dans les annales, Jasset s’inspirait déjà de l’œuvre maîtresse d’Émile Zola pour en laisser une version revisitée tout à fait personnelle, tant par les lieux de tournage que par les techniques utilisées, voire les « trucages » destinés à rendre au mieux, avec des moyens encore limités, les ambiances de la mine.

Plantant notamment sa caméra sur le chemin de halage entre Couillet et Châtelet, le long de la Sambre, le réalisateur aurait aussi pu rencontrer à cette occasion cet autre artiste, mais installant quant à lui un chevalet, à savoir le peintre Pierre Paulus qui donnera aux paysages entrevus dans le film leurs lettres de noblesse.

Cet aspect Cinecittà au pied des terrils, Hollywood en Pays Noir, se verra renforcé moins de cinquante ans plus tard par la politique cinématographique de la SA des Charbonnages de Monceau-Fontaine désireuse de présenter sur grand écran ses installations et son savoir-faire.

Faisant à l’époque l’objet de projections à vocation pédagogique à destination d’un personnel présupposé réceptif au message distillé et au famille curieuses de découvrir l’envers du décor, ces films, passés aujourd’hui au triage-lavoir de la critique historique et du temps qui passe, se savourent désormais comme le chocolat glacé ou le pop-corn des entractes de notre enfance, réveillant les papilles d’une mémoire collective !

Infos et réservations

En collaboration avec le Centre Historique Minier de Lewarde (FR)

Diffusion au Quai 10: https://www.quai10.be/

 

  • juin 20, 2026
  • 12:00 am